Post de Gabriel

C'EST LE  COÛT DES PROFITS QUI COÛTE CHER À L'USAGER DES TRANSPORTS

La preuve par l’exemple.

En 2007, le Conseil Général du Jura devenait propriétaire de l'aéroport de Dole-Tavaux qu'il a ensuite confié en délégation à un groupement composé de Keolis (51%) et de la CCI du Jura (49%).


Cet aéroport est une structure autant inutile et anti-écologique qu'elle est un puits sans fond pour les finances publiques. En effet, souffrant de la concurrence avec l'aéroport voisin de Dijon (50 km) et avec les lignes ferrées à grande vitesse, cet aéroport ne propose qu'un à cinq vols par jours, avec seulement une dizaine de destinations possibles.


Pour compenser le peu de fréquentation, le CG39 verse donc une subvention annuelle à l'aéroport à hauteur de 500 000 à 650 000 € par an. À cela s'ajoute les campagnes promotionnelles de communication que l'on voit sur tout le territoire du département, et même dans les départements voisins.


Fin 2012, le CG votait une subvention exceptionnelle de 370 000 € pour expérimenter une liaison Dole-Tavaux/Paris-Orly. Un nouvel échec.


Pour compenser les déficits du délégataire, ce sont 300 000 € supplémentaires qui étaient attribués pour 2012 et 290 000 € à nouveau pour 2013.


Malgré tous ces investissements, il n'existe pas de garanties apportées par les compagnies aériennes pour rester. Certaines ont déjà abandonné l'aéroport, du jour au lendemain, laissant parfois des passagers en carafe. Pire, c'est donc la compagnie Ryan Air que le CG a convaincu de rester, cette compagnie que l'on connaît bien pour ses violations du droit du travail et les conditions exécrables dans lesquels ses salarié-e-s travaillent.


À l'heure où l'urgence écologique nous impose de remettre en cause nos habitudes de transport pour préférer des moyens non polluants tels que le train, il est temps d'abandonner ce genre de projet absurde pour sauvez la biosphere indispensable à la vie humaine. À l'heure où les finances publiques sont au plus mal du fait des politiques d'austérité imposées par l'Union Européenne, il est temps de repenser la politique de service public des transports pour répondre aux besoins réels de chacun-e.


Au front de gauche nous défendons un droit à la mobilité qui est universel, qui commence par un accès à des lignes de bus et de train qui permettent à tou-te-s de se déplacer sans contrainte. Un droit à la mobilité qui passe inévitablement par la gratuité des bus, par le retour à la gestion publique du réseau ferré et une réduction drastique du prix des billets de train. Les usagers en ont raz-le-bol de financer les dividendes. Le coût du capital coûte trop cher aux usagers. Le droit à la mobilité ne peut exister que si le service public est affranchi de la dictature des profits, imposée par la Commission Européenne. L'équilibre des comptes publics, me direz vous ? Et bien que Ryan Air, Rail team et les autres cessent de faire des profits avec l'argent public.

 

Gabriel Amard 
Tête de liste Front de Gauche-Européennes -  circonscription Est