Post de Gabriel

Gabriel Amard défend la gestion publique de l'eau, droit humain et bien commun de l'humanité

J'ai participé lundi 12 mai à une audition publique de la Coordination Eau Ile de France portant sur la politique européenne de l'eau, dans l'hémicycle du Conseil régional d'Ile-de-France.

Militant du droit à l'eau et de la gestion publique, je suis membre de la coordination eau Ile-de-France et co-fondateur de France Eau publique, le réseau des gestionnaires publics de l'eau. proche de Danielle Mitterrand jusqu'à son décès, j'ai défendu lors de très nombreuses réunions publiques partout en France la gestion publique et le droit à l'eau. Signataire de l'initiative citoyenne européenne "Right 2 Water", j'ai milité en France pour qu'e l'ICE obtienne le plus de signatures possibles, et j'ai regretté la fin de non-recevoir de la Commission européenne, lors du dépôt de l'ICE. 

Après un exposé liminaire de Ricardo Petrella, professeur émérite de l'université catholique de Louvain et président de l'IERPE, et candidat aux élections européennes en Italie sur la liste Altra Europa con Alexis Tsipras, les auditions de différentes personnalités présentes ont commencé. Sandrine Bélier et Corinne Lepage,  invitées, ne sont pas venues. 

Serge Lepeltier, ex-ministre de l'écologie a défendu la politique européenne et le cadre d'économie de marché, adapté selon lui à la politique de l'eau. J'ai ensuite pris la parole. Je souhaite faire reconnaître le droit à l'eau, assurer et permettre sa gestion entièrement publique, ce qui suppose de refuser le droit de la concurrence de l'UE et le Grand marché transatlantique. Pour cela, il faut interdire les lobbys européens, et sortir les lobbys de l'eau, Aquafed et EUREAU en tête, qui défendent les intérêts des multinationales. Je souhaite que l'UE agisse clairement en faveur de la protection de la biodiversité indispensable à la vie. C'est pourquoi, j'ai fustigé la Directive Cadre sur l'eau de 2000 et le projet Water Blueprint de la Commission européenne.

La DCE devait assurer la préservation qualitative de la ressource en eau en 2015. Mais les objectifs ont été repoussés à 2027, faute de résultats probants. En cause? Le manque de réflexion et de volonté politique pour changer les processus de production agricole et industriel. De plus, la DCE n'empêche pas l'enfouissement de déchets nucléaires comme à Bure ou l'enfouissement des déchets ultimes comme à Stocamine, qui risquent de contaminer les eaux souterraines. J'ai également dénoncé le projet Water Blueprint de la Commission, qui vise à marchandiser et monétiser la ressource en eau. Derrière le prétexte de la protection de la nature, la Commission a inventé le principe de "services environnementaux". La photosynthèse, la captation du CO2 par les forêts, le vent seraient autant de services que la nature donne, qui étaient jusqu'à présent gratuits, mais qu'il faudrait payer et monétiser.  Serait créé un marché européen de l'eau, suivant le principe du pollueur/payeur. J'ai donc affirmé son opposition à ces deux politiques européennes de l'eau qui supposent la marchandisation et la financiarisation de la nature et de l'eau, et éloignent les gouvernants du principe du droit à l'eau.