Post de Gabriel

L'esclavage demeure

Le 10 mai est la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions
 
En ce 10 mai, j'ai une pensée pour les millions de femmes, d'hommes et d'enfants que la France et les autres pays d'Europe ont réduits en esclavage pendant la Traite des Noirs et le commerce triangulaire. Cette exploitation et cet avilissement de l'homme par l'homme a duré plus de quatre siècles. 
 
En ce 10 mai, souvenons nous que la première abolition de l'esclavage fut réalisée par la Révolution. Le Comité de Salut public le 4 février 1794, sous l'impulsion de Robespierre a aboli l'esclavage. Cette décision a mis fin à toutes ségrégations à l'intérieur des assemblées. Célébrons le héro Toussaint Louverture qui chercha à libérer Saint Domingue et à mettre fin à l'exploitation coloniale corollaire politique de l'esclavagisme.
 
 En ce 10 mai, nous n'oublions pas que l'esclavage fut rétabli par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 pour satisfaire les intérêts des grands propriétaires des territoires d'Outre-mer. L'abolition définitive intervint en France le 27 avril 1848 par la IIe République naissante. 
 
Le 10 mai, nous commémorons ensemble l'abolition de l'esclavage, mais, malheureusement, elle demeure.
 
La traite d'êtres humains, la servitude pour dettes, le travail forcé, les camps de travaux, l'esclavage domestique et le travail des enfants sont autant de formes contemporaines de l'esclavage. Les victimes se comptent par millions. 
 
Aujourd'hui, certains remettent en cause la légitimité de ce moment de souvenir. Nous ne sommes pas là dans une quelconque forme de flagellation mémorielle. Si nous nous remémorons l'esclavage, c'est parce que l'esclavage n'est pas née d'une nature humaine qui serait mauvaise. 
 
L'esclavage rend manifeste la manière dont certains, par appétit pour l'argent et le profit, ont pris le droit de vie et de mort sur ceux qui étaient différents. Ce moment de commémoration doit nous permettre de crier haut et fort que la vie n'est pas à vendre, que l'homme ne peut pas être une monnaie d'échange, il ne peut pas être une marchandise.

Gabriel Amard, tête de liste Front de Gauche aux élections européennes - circonscription Est.