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L'Ecosocialisme en actes

Faire le trait d'union entre industrie et écologie, entre question sociale et développement durable

Gabriel Amard, tête de liste Front de Gauche aux élections dans la circonscription Est, fait la passerelle entre les questions industrielles et sociales et l'enjeu écologique. Ses déplacements et le déroulement de la campagne le montrent.

Ces trois dernières semaines furent marquées par une séquence industrielle et une séquence écologique, mais aussi par des déplacements qui couplaient les deux enjeux. Le candidat apporter la preuve qu'est possible d'allier la question sociale et l'écologie. 

Se préparer au changement climatique, sortir des énergies carbonées, envisager une sortie du nucléaire pour développer les énergies renouvelables, vivre dans la sobriété énergétique, décroître un certain nombre d'activités économiques pour repartir des besoins et non d'une politique de l'offre, changer notre modèle de production industrielle et agricole, produire et consommer localement sont autant d'exigences politiques. Ce sont des enjeux politiques parce qu'ils concernent l'organisation de la société et requièrent des délibérations collectives afin d'être mis en oeuvre. Ce sont des exigences parce que la survie de l'humanité est en jeu. 

Mais l'écologie politique suppose l'adhésion et la participation du plus grand nombre possible. La transition écologique ne peut se faire sans le peuple, et contre le peuple. Donc l'écologie doit être en faveur de tous, ne doit pas punir les catégories populaires, qui ne peuvent acheter des produits biologiques ou avoir un mode de vie écologique. 

Il n'est pas utile de revenir sur l'ensemble des déplacements et des visites de terrain, des réunions publiques de Gabriel Amard. Quelques exemples suffisent.

Le 29 avril fut la journée principale de sa séquence industrielle. A midi, il fut devant le site d'Alstom à Belfort, pour soutenir les salariés qui craignent une restructuration et un plan de licenciement massif, le Front de Gauche y lançant une de ses caravanes. Le candidat venait défendre une nationalisation temporaire d'Alstom pour empêcher le rachat de la branche Energie, qu'il juge indispensable à la planification écologique. Il partit ensuite pour la vallée de la Fensch, à Algrange, accueilli par Patrick Péron, maire PCF de la ville pour parler de réindustrialisation. Le matin, les militants Front de Gauche lançaient une autre caravane à Hayange, dirigée depuis mars par le Front national. Dans cette vallée, fortement industrielle, où se trouvent Florange et Gandrange, Gabriel Amard a voulu rappeler que le Front de Gauche souhaite engager une relance économique. Elle passe par des investissements publics en faveur de l'industrie. La réindustrialisation sera utile à la planification écologique puisque les éoliennes, les hydroliennes, les stations de géothermie ont besoin d'acier fin produit dans la vallée de la Fensch, et de turbines produites par Alstom. 

Une semaine plus tard, le mardi 6 mai, Gabriel Amard a visité une exploitation bio à Saint Just (près de Semur en Auxois, dans la Nièvre), puis a rencontré le collectif ZAD du bois de Troucy (Gâcogne). Le but de ces deux visites était de voir et de montrer que l'agriculture biologique était possible, rentable et nécessaire. Il est indispensable que l'UE, via la PAC, finance les petites exploitations paysannes, plutôt que les grands céréaliers. Dune part, parce que la qualité des produits est meilleure, d'autre part parce que les exploitations bio et paysannes favorisent une économie locale et assure un gisement d'emplois. Le collectif rencontré par la suite lutte contre l'exploitation industrielle du bois. Les essences sont triées et la biodiversité est réduite fortement. Le bois est exporté en Chine, alors que les besoins locaux existent. Enfin, l'exploitation ne prend pas en compte le renouvellement naturel des forêts, et en concentrant l'activité de transformation du bois, elle obligera nombre de scieries à mettre clé sous la porte. Ainsi, ici l'écologie signifie à la fois qualité des aliments, qualité de la vie, préservation de la biodiversité, mais aussi maintien d'emplois locaux et développement d'une économie locale et circulaire. 

D'autres déplacements de Gabriel Amard allient directement les enjeux industriel et écologique. Le 15  avril, il rencontrait à Strasbourg les salariés de Senerval, l'usine d'incinération de la communauté urbaine, gérée en délégation de service public à l'entreprise Séché. Malgré des discours écologiques de l'entreprise, les conditions de travail et sanitaires sont extrêmement mauvaises. A Senerval, les fours sont anciens, les incidents se multiplient de l'ordre de 90 par an alors que la moyenne devrait être de 6 incidents. Ils provoquent la nécessité de débourrer des tonnes de cendres qui s'accumulent dans les écofiltres des fours. Ces cendres sont chargées de poussières hautement toxiques et très fines (plomb, cadmium, arsenic etc.) qui sont laissées à l'air libre, s'infiltrent et se répandent partout, dans l'air, mais aussi dans les eaux pluviales et d'assainissement. Ce sont 30 tonnes par semaine de poussières CMR (cancérigènes, mutagènes, réprotoxiques) contenant des métaux lourds et de fumées qui sont propulsées dans la nature.

Le lundi 5 mai, Gabriel Amard est allé à la centrale Lucy à Montceau-les-Mines pour rencontrer les syndicalistes de la CGT. La centrale à charbon a été fermée le 31 mars dernier par EON. Le géant de l'énergie allemand a refusé un projet de reconversion en biomasse porté par la CGT qui intégrait la filière bois de la région. Gabriel Amard est donc venu pour voir les possibilités de reconversion des sites industriels et de mixité énergétique, dans le cadre de la planification écologique. 

Ces deux visites avaient pour but de montrer qu'il est nécessaire d'allier industrie et écologie, à la fois pour assurer de bonnes conditions de travail et la santé des riverains du site industriel, et pour montrer que la planification écologique est envisageable dès maintenant, si les pouvoirs publics le décident.

Les déplacements de Gabriel Amard ont donc un sens politique assumé : incarner l'écosocialisme et prouver qu'on peut le mettre en oeuvre par la planification écologique dès maintenant.