l'observatoire insoumis des lobbys en europe

L'empire des lobbys de l’eau contre-attaque !

La Commission européenne a reçu l'ICE right2water il y a peu. Les lobbys de l'eau s'organisent déjà pour empêcher toute mise en œuvre du droit à l'eau.

Rien de plus prévisible qu'un lobby ! En grand défenseur des multinationales, il accourt dès que les profits de ces dernières sont mis en danger. Il s'efforce de démontrer, malgré toutes les preuves du contraires, qu'il œuvre pour le bien de l'humanité, que les multinationales respectent tous les critères de bonne gestion. La mauvaise foi, il connaît pas ! Non, le lobbyiste est de ceux qui devant un massacre, nie sa réalité, tant que ça profite à son client.

Dans un récent communiqué, l'European Federation of National Associations of Water Services dit EUREAU, défend l'indéfendable. Le lobby des opérateurs (principalement) privés de l'eau a réagi dans un communiqué du 12 février 2014 à l'ICE Right2water.

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Changer la génétique européenne !

Décidément il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans l'UE et l'organisation de ses institutions. Pioneer, multinationale américaine de l'agro-business qui ruine les sols et détruit les économies locales tout autour de la planète, vient de se voir autoriser la culture d'un nouveau maïs transgénique, le TC1507, sur le sol européen. Et dans des conditions absurdes : une majorité d'Etats s'est en effet prononcée contre cette autorisation la semaine dernière (le mardi 11 février), à 19 contre 5 (4 abstentions). Las, la majorité qualifiée nécessaire pour bloquer le texte au Conseil européen était de 260 voix, et seules 210 voix d'opposition ont été décomptées. "La règle veut que si le Conseil ne prend pas de décision, la Commission européenne devra approuver la culture dans les prochaines 24 heures", a expliqué le service juridique du Conseil". On se demande bien où se nichent encore les derniers lambeaux de souveraineté quand les multinationales et leurs lobbys affirment leur vue au détriment de la majorité des Etats.
Pire : le Parlement européen s'est lui aussi prononcé contre l'introduction de cette nouvelle culture OGM sur le sol européen, par 385 voix contre 201 (35 abstentions). Mais son avis, consultatif, n'est pas contraignant et n'a aucun impact juridique. Or, dans quelle supposée démocratie est-il possible de passer outre la majorité des parlementaires - qui sont, faut-il le rappeler, les seuls élus du peuple au niveau européen ? L'administration autoritaire du libéralisme européen fait peu de cas de la délibération collective, c'est une constante.

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Aqua la victoria siempre !

Marc fut viré de Veolia pour avoir placé l'humain d'abord, en priorité devant l'exigence de profits. Il faut le soutenir.
 
Marc, ex-salarié de Veolia Eau, refusait les coupures brutales d'eau envers les familles modestes ne pouvant payer leur facture. Désobéissant aux injonctions inhumaines de ses supérieurs, il fut viré en avril 2013. Il porte maintenant l'affaire aux Prud'hommes pour demander sa réintégration.
 
Ce combat est celui d'un homme exigeant réparation et justice. Mais en refusant de couper l'eau aux familles modestes, en agissant avec tant de courage, Marc a agi comme un défenseur du droit à l'eau. Son combat a pris une dimension universelle.

Cette cause est l'objet d'une lutte acharnée opposant les multinationales considérant l'eau comme une marchandise et les défenseurs du bien commun, exigeant pour toutes et tous l'accès à l'eau potable et son assainissement.

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Mais que fait Bercy ?

La nouvelle est tombée Pierre Moscovici va prendre un arrêté pour faire sortir de la liste noire des paradis fiscaux les îles de Jersey et des Bermudes. Ces territoires se sont vus placés sur cette liste, il y a seulement 4 mois en raison de l'opacité de leurs systèmes fiscaux et ils en sortent aujourd'hui parce qu'ils auraient eu un bon comportement, en transmettant les données de particuliers soupçonnés d'évasion fiscale.

La raison d'une telle volte-face est peut être un peu moins désintéressée. Lorsqu'un pays se trouve sur cette liste noire, il se voit appliquer de lourdes taxes sur les échanges avec la France(une taxe sur les flux financiers de plus de 50 % aurait pu être appliquée). Or les Bermudes sont leaders mondiaux dans les captives d'assurance (un mécanisme financier permettant à une entreprise de s'auto-assurer, directement ou par le biais d'une filiale, ainsi elle fait baisser ses frais d'assurance et en bénéficie d'une législation fiscale laxiste). Aujourd'hui de nombreuses entreprises françaises ont recours à ce mécanisme, et sont donc directement intéressées par le classement de l’île sur cette liste noire. Jersey est quant à elle spécialisée dans les trusts financiers, c'est à dire dans des montages financiers complexes qui visent à détacher un capital de la personne qui le détient. L'illustration la plus célèbre de ce mécanisme se trouve peut être dans le film Louise Michel de Gustave Kervern et Benoît Delépine, où l'héroïne cherchant le patron du groupe où elle travaille se retrouve face à une simple boite aux lettres à Jersey. De grandes banques françaises sont également présentes sur l'île comme la BNP Paribas et la Société Générale, pour y entretenir des « activités financières » en tout genre.

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On arrête pas le commerce.

Depuis 2009, la Grèce a subi plus de neuf plans d'austérité. Éducation, transports, santé, dépendance, rien n'échappe à la rigueur criminelle des comptables de Bruxelles. Les services publics grecs sont massacrés sur l'autel de la bonne santé financière pour garantir aux banques leurs taux usuriers, et donc leurs profits. Rien n'y résiste, rien sauf l'armement.

 Dans les années 2000, la Grèce dépensait 3 % de son PIB dans son budget militaire, au sein de l'OTAN seuls les États-Unis se montrent plus dépensier. Cette situation était connue de tous, « les partenaires » et « amis » européens ne se sont pourtant pas gênés pour passer de juteux contrats avec la Grèce ce qui a fini par plomber les comptes publics helléniques. La France et l'Allemagne sont les premiers de ces « bons amis » qui ont armé la Grèce au delà de ses capacités financières.

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L'union bancaire ou le diktat de Merkel

L'accord sur l'union bancaire survenu dans la nuit de jeud19 au vendredi 20 décembre ressemble à un coup d'épée dans l'eau. Conçue au départ pour éviter que les Etats, donc les citoyens, paient pour les défaillances des banques, l'union bancaire mettra en réalité en place un dispositif sans solidarité européenne et où les citoyens paieront encore.

Un saut fédéral important

La supervision des 130 banques européennes est transférée des autorités de régulation nationales à la Banque centrale européenne. Pour beaucoup d'acteurs, c'est un saut fédéral inédit depuis le traité de Maastricht. L'argument justifiant cette mesure est que les régulateurs nationaux ont échoué dans leur mission, en témoigneraient les exemples grecs, espagnols ou irlandais. Cependant, un tel saut fédéral ne fera pas l'objet d'une approbation populaire, mais seulement d'un vote au Parlement européen et d'un traité intergouvernemental entre les 18 pays de la zone euro et les autres Etats volontaires. Cet « oubli » relève déjà en soi d'un déni de démocratie. Peut-être des lois bancaires nationales séparant strictement les activités de dépôts de la spéculation, protégeant les épargnants du sauvetage des banques, et instaurant des mesures de régulation fortes auraient permis à la fois de résoudre la question et de ne pas enlever aux Etats une compétence importante.

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