Communiqués

Monsanto condamné c'est un autre modèle agricole en perspective.

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Communiqué de Gabriel Amard, co-initiateur du Rassemblement citoyen Bourgogne-Franche-Comté

Le jeudi 10 septembre, le géant américain des semences, des OGM et des pesticides a été condamné pour la deuxième fois après une condamnation en première instance en 2012 à la cour d’appel de Lyon cette fois-ci, face à l’agriculteur céréalier de Charente Paul François.

L’agriculteur de Bernac avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs du Lasso, herbicide pour maïs, interdit à la vente au Canada (1985), en Belgique (1992), en Grande-Bretagne et en France depuis 2007.

Je me joins évidemment à toutes celles et ceux qui se réjouissent de la victoire de Monsieur Paul François, qui intervient dix ans après sa plainte. Mais si Monsanto a perdu une bataille, le modèle de l’agro-business et des multinationales agro-alimentaires et des semenciers géants n’ont pas du tout perdu la guerre.

Il est pourtant vital pour les agriculteurs, pour l’environnement, pour les consommateurs de changer de modèle agricole : le modèle productiviste de nos grands-parents soutenu par l’Etat et la Politique agricole commune de la feu Communauté économique européenne, où il fallait tout industrialiser, tout « moderniser » n’est plus à l’ordre du jour.

L’agriculture française pour survivre doit changer de modèle. Elle doit abandonner la concentration à outrance des exploitations, synonymes de sur-mécanisation, d’utilisation massive de produits phytosanitaires dangereux pour l’environnement et la santé, de mépris de la souffrance animale et de la régénération des sols, synonymes aussi de souffrance au travail des exploitants et de licenciements des ouvriers agricoles.

L’agriculture de demain est paysanne, locale, biologique, et fortement pourvoyeuse en emplois. Elle doit se centrer sur la qualité et non sur la quantité, en développant le bio partout où c’est possible. Elle doit d’abord alimenter les circuits-courts (et non en priorité les marchés à l’exportation) pour nourrir les populations locales afin de réduire l’empreinte carbone des aliments et pour contourner la grande distribution qui ne respecte pas les accords de fixation des prix. Les aides de la PAC doivent d’abord être distribuées aux petites exploitations, à celles en bio et en transition, au lieu de favoriser les grandes entreprises agricoles.

MILITONS