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Suppressions de postes et restructurations à Vallourec : l’Etat doit agir

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Le groupe Vallourec constate une baisse de son chiffre d'affaires de 17,2%. Le producteur de tubes sans soudures, leader mondial du secteur, a pour client les compagnies pétrolières et nucléaires. Face à la baisse des cours de brut, les clients de Vallourec revoient très fortement à la baisse leurs investissements, ce qui entraîne une chute des commandes de Vallourec. Ce dernier prévoit de réduire d'un tiers ses capacités de production de tubes en Europe.

Le PDG a donc annoncé une politique de compétitivité axée sur un plan d’économies (350 millions d’euros) et de suppressions de postes, dont 2000 (15% des effectifs) en Europe et 900 en France. Les sites de Montbard (Nièvre) et de Saint-Saulve et Aulnoye-Aymeries (Nord) seront vivement touchés.

Mais si l'austérité frappe les travailleurs de Vallourec, qu'en est-il de ses actionnaires ? Rien. Ils conservent exactement la même rémunération en dividendes, d'un rendement de 3,3%. Par ailleurs, la rémunération globale du PDG Philippe Crouzet serait d'environ les 1,3 millions d'euros par an. Une nouvelle fois, la crise ne touche pas les dirigeants ! Les salariés trinquent, les actionnaires dorment tranquilles. La décence morale mais aussi la rationalité économique voudrait que le plan d'économies prévoie une baisse de la rémunération des actionnaires de même ampleur.

Le gouvernement, sans surprise, est une nouvelle fois passif dans la crise industrielle et sociale qui s'annonce. Alors qu'il devrait flécher l'argent du Crédit d'impôt compétitvité emploi (CICE) vers les entreprises engagées dans la transition énergétique et contrôler son usage ; alors qu'il pourrait participer au capital de Vallourec - deuxième plus petite capitalisation boursière du CAC 40 - afin de peser sur les orientations du groupe et baisser la rémunération des actionnaires, il ne fait rien. Nonchalemment, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron affirme prendre acte de la décision, et veiller à la bonne tenue du dialogue social.

Le gouvernement n'est pas à la hauteur des enjeux. La situation sociale et industrielle de la France exige que la puissance publique prenne des décisions volontaristes. L’Etat stratège devrait mettre en place la planification écologique en réorganisant les industries nationales vers la transition énergétique. Le financement pourrait être assuré via des prêts à bas taux de la Caisse des Dépôts et des Consignations, de la Banque publique d’investissement, mais aussi au niveau européen par une amélioration du plan Juncker (plan d'investissements composé de 23 milliards d'euros publics sur un total de 321 millards), où les capitaux publics devraient être plus élevés.

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